Nature… les posidonies

posidonies bisLe site http://www.researchgate.net/ dédié à la publication et au partage de recherches scientifiques permet au grand public d’accéder aux dernières informations dans divers domaines en la matière.

Un document qui intéresse notamment la Corse vient ainsi d’être publié ce mois-ci, Les banquettes de posidonies de Méditerranée. Banquettes qui, pour rappel, ont défrayé la chronique cet été après un arrivage massif sur les côtes de l’Extrême-Sud.

Ce texte (70 pages), cosigné par sept scientifiques français, très détaillé, s’attache à démontrer « la grande valeur patrimoniale des plages de sable de Méditerranée » en s’intéressant notamment à l’impact et au rôle de la banquette de posidonies, aussi bien sur le plan environnemental qu’économique.

Tourisme et/ou protection

Ce difficile équilibre entre économie touristique et protection de l’environnement avait suscité polémique et incompréhension durant l’été 2017, après la décision de plusieurs communes de ne pas intervenir sur ces banquettes.

Les touristes ont dû se résigner à poser leurs serviettes sur ces tapis de feuilles mortes échouées sur les plages de sable blanc, carte de visite de l’île de beauté et de l’Extrême-Sud en particulier. Les socioprofessionnels du bord de mer n’ont pas manqué de grincer des dents… Et pourtant, c’est aussi grâce à cette posidonie que leur activité a un avenir assuré. Explications.

Ce texte rappelle ainsi l’indispensable diversité biologique des plages et son rôle sur l’écosystème.

Plages artificielles VS plages écologiques

La présence de la « posidonia oceanica », dont on rappelle qu’il s’agit d’une plante à fleur et non d’une algue, « protège directement les plages contre l’érosion et le départ du sable », résument les sept scientifiques, « les banquettes de posidonies alimentent la dune en feuilles mortes et en sels nutritifs et contribuent à son édification, et indirectement, à la stabilité de la plage ».

D’un tourisme posidonies-compatible (jusqu’aux années 80) on est passé à une époque où l’on a commencé à vendre en Méditerranée « le concept de plages artificiellement propres, libre de posidonies », accoutumant les touristes à cette image « immaculée ».

Le nettoyage des plages a enclenché un cercle vicieux, « coûteux pour l’environnement et les finances des communes », estiment les auteurs de l’article.

Ils pointent du doigt les opérateurs de tourisme en Méditerranée, qui ont construit cet « artefact » des plages sans banquettes, contribuant à fausser la donne auprès des touristes.

Et de constater : « Partout où les banquettes sont maintenues en place, y compris en été, dans le cadre du concept de plages écologiques, et où les usagers sont informés des enjeux, l’acceptation est bonne et la fréquentation ne diminue pas ». Voilà qui pourrait rassurer les socioprofessionnels. Encore faut-il éduquer l’usager et le sensibiliser au concept de plage écologique.

Un travail des collectivités et des services de l’État qui a peut-être manqué l’été dernier dans le Sud Corseou qui du moins, a été engagé trop tardivement.

« Les plages sont tout sauf des déserts (…), c’est une gestion inadaptée qui les transforme en désert. Les plages écologiques, posidonies-compatibles, représentent au contraire un symbole fort de l’identité méditerranéenne et un atout pour le tourisme durable », conclut le document. À méditer…

Et aussi:

Les mille atouts des banquettes de posidonies (lien ci-dessous pour lire l’article)

http://www.ulevante.fr/les-mille-atouts-des-banquettes-de-posidonies/

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